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Beau et Bien - Sylvie MARECHAL

Céline Wright


Papa anglais, grand-père algérien, enfance nippone ... 2trange mélange qui se lit dans l'oeuvre de cette jeune créatrice.










Céline Wright est installée à Montreuil, dans une ancienne et vaste usine de tannage de peaux. Son atelier-showroom dégage un charme particulier : une retenue toute britannique héritée d'un papa anglais, mêlée à la fougue méditerranéenne d'un grand-père algérien. A cela s'ajoute une enfance passée au Japon. Imprégnée par l'artisanat nippon, elle acquiert une sensibilité poétique, résolument tournée vers la nature. C'est à l'école d'arts appliqués Duperré qu'elle apprend à travailler la matière, à être inventive. " Duperré est une école qui a peu de moyens, donc qui apprend à créer avec rien. Moi, j'allais ramasser les papiers bleus des endives sur les marchés." Après l'école Duperré et un diplôme de l'Ecole supérieure des Arts Appliqués, Céline entame sa vie professionnelle comme créatrice textile, chez des éditeurs. Elle est remarquée par un galeriste pour qui elle crée des luminaires. Depuis, elle ne sait plus où donner de la tête ! Elle auto-édite ses créations et se revendique artisan-designer.


La fabrication est longue, minutieuse. Elle assemble des centaines de bandelettes de shoji, un papier japonais en fibre de mûrier utilisé pour les claustras, qu'il faut positionner de manière homogène. Nervures végétales, fibres entrelacées, jeux de transparence et d'opacité, donnent un sentiment de légèreté et de fragilité au papier qui se révèle pourtant au toucher d'une extrême solidité. Elle y associe des éléments naturels, tiges de bambou, branches d'arbre. La nature réinventée !

Interview

Comment naissent vos idées ?

Par la contemplation de la nature. Un brin d'herbe ou un p étale provoquent en moi une émotion. Même en ville, une fleur qui flotte dans l'eau d'un caniveau m'inspire.

Comment mettez-vous vos idées en pratique ?

En travaillant la matière. J'aime son contact, j'adore "cuisiner" le papier en y mêlant divers éléments. C'est mon ingrédient principal.

Quel est votre moment préféré dans la création ?

Quand je cherche l'idée, j'aime regarder autour de moi en laissant vagabonder mon imagination. Et peu à peu, l'idée mûrit, la forme se dessine pour arriver à un objet que je trouve beau, mais qui doit être aussi fonctionnel.

Pourquoi les luminaires ? Ce n'est pas votre voie initiale.

Non, j'ai commencé par faire des objets en papier mâché. Quand on m'a demandé de créer des luminaires, j'ai découvert une magie dans le jeu entre la lumière et la matière.

Et pourquoi le papier japonais ?

Je suis probablement sous l'influence de mon enfance passée au Japon. Là-bas, le papier est un matériau noble. En France, notre culture est issue du solide. Le papier est une matière jetable.

Etes-vous attentive à l'écologie ?

Très attentive. C'est aussi l'une des raisons qui m'incite à travailler le papier japonais. Il est fabriqué à partir du mûrier, cultivé au Japon spécialement pour cet usage.

Quelle est votre dernière création ?

Une très grande suspension qui me fait penser à une baleine. On peut y mettre jusqu'à 400 watts et la lumière difussée est douce et forte à la fois. Je veille à ce que mes luminaires soient décoratifs mais toujours fonctionnels. Autrement dit beaux et utiles.

Extrait de "Maison Créative - n°41 - Octobre novembre 2007


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